Il faut que je vous avoue quelque chose.
Il m’arrive d’avoir des journées où je ne fais pas grand-chose.
Je ne parle pas de ces journées où je ne fais « que » 12 choses et où je culpabilise parce que je n’en ai pas fait 15.
Je parle de vraies journées que j’appelle “parfaitement inutiles”.Celles où la liste des choses à faire vous regarde depuis le coin de la table avec un petit air de reproche et où vous décidez de l’ignorer.
Oui, celle-là.
Aujourd’hui, même le repos a son mode d’emploi.
Il faut méditer, faire du sport, lire, marcher, respirer profondément, prendre soin de soi, écrire dans son journal, faire une détox digitale, profiter du moment présent, et surtout ne surtout pas culpabiliser de ne rien faire.
Vous voyez le petit problème ?
Même notre journée « tranquille » finit par ressembler à une réunion de travail !
- 9 h : méditation,
- 9 h 30 : promenade consciente,
- 10 h : lecture enrichissante,
- 11 h : activité créative,
- 12 h : déjeuner équilibré,
- 14 h : sieste réparatrice,
- 15 h : gratitude,
- 16 h : reconnexion à soi,
- 17 h : bilan de la journée
et à 17 h 12 : « Mince, j’ai oublié de ne rien faire. »
Et si, parfois, ne rien faire était exactement ce qu’il fallait faire ?
Pas pour récupérer, pas pour être plus efficace demain, pas pour mieux repartir lundi, pas parce que votre corps vous envoie un signal mystérieux qu’il faudrait absolument décoder.
Juste parce que vous n’avez pas envie et que vous avez le droit.
Il y a des jours où on a envie de sortir, de voir du monde, de bouger, de faire mille choses.
Et puis il y a les autres, ceux où le canapé semble soudain être devenu une résidence secondaire, où regarder la pluie par la fenêtre devient une activité parfaitement acceptable, où on ouvre le frigo trois fois sans raison, où on commence un film sans même savoir s’il est bien, où l’on mange quelque chose de beaucoup moins équilibré que prévu et où, miracle, personne ne vient nous retirer notre diplôme d’être humain.
Et vous savez quoi ? Ce sont des journées aussi.

Une journée n’a pas besoin d’être rentabilisée
C’est peut-être ça que j’aime le plus dans l’idée d’une journée inutile.
Elle ne sert à rien et c’est précisément son intérêt.
On nous apprend tellement à optimiser notre temps qu’on finit parfois par regarder notre vie comme un tableau Excel !
Combien de choses faites ? Combien de kilomètres parcourus ? Combien de tâches cochées ? Combien de livres lus ? Combien de temps passé à travailler sur nous-mêmes ?
À ce rythme-là, bientôt, même notre dimanche devra présenter son bilan trimestriel.
« Alors, cette semaine, niveau développement personnel, tu en es où ? »
Euh…J’ai mangé une glace, mais merci de demander !
Il y a aussi les journées où l’on ne va nulle part
Et celles-là, je les aime bien, pas besoin de destination, pas besoin de programme, pas besoin de photo à publier pour prouver qu’on profite.
On peut simplement marcher, s’asseoir, écouter de la musique, regarder la mer, boire un café, parler avec quelqu’un, rire pour une bêtise, faire une sieste, ou absolument rien.
Alors oui, vous avez le droit d’avoir une journée où votre seule performance sera d’avoir existé.
Le droit de ne pas avancer, de ne pas apprendre quelque chose, de ne pas être inspiré, de ne pas avoir de projet, de regarder une série un peu nulle, de manger des pâtes parce que vous n’avez aucune envie de cuisiner, de changer d’avis, de rester en pyjama un peu trop longtemps, de ne rien transformer, réparer ou améliorer.
Parce qu’au fond, nous ne sommes pas des machines à progression permanente, nous sommes des êtres humains. Et parfois, un être humain a simplement besoin de ne pas être utile.
Alors la prochaine fois que vous aurez une journée parfaitement inutile, essayez quelque chose.
- Ne cherchez pas immédiatement à la justifier.
- Ne vous dites pas : « J’en avais besoin parce que… »
- Laissez-la juste être là.
- Une journée sans objectif, sans rendement, sans case à cocher.
- Une petite parenthèse dans laquelle personne ne vous demande de devenir une meilleure version de vous-même.
Et si, à la fin de cette journée, vous avez juste regardé la mer, bu un café et glandouillé un peu, et bien ma foi, félicitations.
Vous avez parfaitement réussi votre journée inutile.
Toujours avec Amour
Karine


